l'Encyclopédie du langage et de la littératie
Prévalence des troubles de la parole et du langage chez les enfants
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Rédigé par:
Carla J. Johnson, Ph.D., Department of Speech-Language Pathology, University of Toronto

Publié en ligne: 2008-04-27 12:10:13
Prévalence des troubles de la parole et du langage chez les enfants
Introduction

Pour communiquer efficacement, les enfants doivent maîtriser le langage, le code conventionnel utilisé pour transmettre les pensées et les idées, ainsi que la parole, les mouvements moteurs complexes et rapides qui traduisent ces idées en mots parlés. Le langage et la parole sont essentiels pour le partage de sentiments et d’informations avec les autres. La plupart des jeunes enfants acquièrent ces compétences de communication sans effort, mais certains d’entre eux ont de la difficulté à apprendre, à comprendre et à utiliser le langage qu’ils entendent autour d’eux. Ces enfants font face à des troubles de la parole ou du langage, ce qui peut entraîner chez eux des troubles connexes d’apprentissage, des troubles sociaux et des problèmes de comportement (Bishop & Leonard, 2000).

Combien d’enfants ont des troubles de la parole ou du langage? Cette question revêt une importance particulière pour les parents, les professionnels, les décisionnaires et les chercheurs qui veulent comprendre les troubles de communication et optimiser les services d’évaluation et d’intervention offerts à ces enfants (Enderby & Pickstone, 2005). Pour répondre à cette question, nous devons évaluer la prévalence, laquelle correspond à la proportion de personnes ayant un trouble dans une population déterminée, sans distinction entre les nouveaux et les anciens cas (Byles, 2005, p. 2). Toutefois, nous sommes surpris de constater que plusieurs défis font en sorte qu’il est difficile d’obtenir une évaluation exacte de la prévalence des divers troubles de la parole et du langage chez les enfants.

Premièrement, toute donnée exacte sur la prévalence requiert que la définition d’un trouble particulier soit acceptée et qu’une méthode fiable soit établie pour déterminer si un enfant est affecté ou non (Law, Boyle, Harris, Harkness, & Nye, 2000). Toutefois, les troubles de la parole et du langage sont des troubles de développement complexes qui se manifestent de façons différentes sur le comportement (Lubker & Tomblin, 1998). Par conséquent, peu s’entendent sur la manière de définir et d’identifier ces troubles (Nelson, Nygren, Walker, & Panoscha, 2006). Deux types de diagnostics bien connus (American Psychiatric Association, 2000; Organisation mondiale de la santé, 1994) comprennent des définitions et des critères qui s’appliquent aux divers troubles de la parole et du langage chez les enfants. Toutefois, ces deux types de diagnostics n’ont pas été validés par le milieu scientifique, ne sont pas en harmonie complète et diffèrent de façon marquée de ceux souvent utilisés en recherche ou en pratique clinique (Johnson & Beitchman, 2006).

Deuxièmement, les données sur la prévalence doivent être fondées sur des échantillons importants et représentatifs de la population afin que tous les enfants affectés soient identifiés. Les échantillons cliniques ne permettent pas de façon optimale de déterminer la prévalence puisqu’on reconnaît en général que les enfants pour lesquels on recommande des services d’orthophonie présentent des différences systématiques par rapport aux enfants identifiés dans les échantillons de la population (Johnson et al., 1999; Zhang & Tomblin, 2000). Par exemple, les données biaisées qui s’appliquent aux mécanismes de recommandation et de service ne peuvent être établies que lorsque la prévalence dans la population est évaluée avec exactitude.

Troisièmement, la nature des troubles peut changer lorsque les enfants vieillissent, ce qui influence les données sur la prévalence. Par conséquent, il est préférable que des données sur la prévalence des troubles de la parole et du langage soient recueillies pour toutes les étapes de la vie (Craig & Tran, 2005; Campbell et al., 2003).

Toutefois, des données exactes sur la prévalence n’ont, en soi, pas une grande valeur. Elles fournissent plutôt des points de départ pour d’autres enquêtes importantes sur les troubles de la parole et du langage chez les enfants (Law et al., 2000; Pickstone & Enderby, 2005). Les données sur la prévalence à toutes les étapes de la vie nous permettent de comprendre l’histoire naturelle et, bien entendu, le pronostic de ces troubles. Les données sur la prévalence nous permettent également d’évaluer les facteurs de risque et de protection potentiels. Par exemple, des antécédents familiaux de troubles de la parole et du langage peuvent augmenter les risques de troubles de communication pendant l’enfance, tandis que des services de garde de grande qualité peuvent diminuer le risque en agissant comme facteur de protection. Les facteurs de risque et de protection fournissent des indicateurs sur la causalité des troubles, ainsi que sur les stratégies de prévention ou d’intervention qui peuvent contribuer à réduire les effets négatifs de ces troubles sur les personnes et la société en général. Les principales questions de recherche ci-dessous mettent l’accent sur la prévalence de trois types communs de troubles de communication chez les enfants (les troubles du langage, les troubles de production de phonèmes et le bégaiement). Une brève description de chaque trouble est ensuite présentée selon l’ordre des enjeux définitionnels, ainsi qu’un sommaire des données disponibles sur la prévalence et fondées sur des échantillons de la population dans lesquels les troubles ont été vérifiés à l’aide d’un procédé pouvant être reproduit.

Principales questions de recherche

1. Quelle est la prévalence des troubles du langage chez les enfants?
2. Quelle est la prévalence des troubles de production des phonèmes chez les enfants?
3. Quelle est la prévalence du bégaiement chez les enfants?

Résultats de recherches réalisées récemment

Troubles du langage. Les enfants qui ont des troubles primaires ou spécifiques du langage ont de la difficulté à communiquer leurs besoins, leurs pensées et leurs intentions, même s’ils ont une ouïe, une intelligence non verbale et un développement général typiques (Leonard, 1998). Ces enfants tardent à parler et, par la suite, présentent un ralentissement du développement du langage. Ils ont parfois un vocabulaire restreint, ils utilisent des phrases courtes et incomplètes et ils produisent des histoires ou conversations confuses ou désorganisées. Ces difficultés du langage expressif peuvent être accompagnées de troubles du langage réceptif, lesquels correspondent à des difficultés de compréhension des mots, des phrases, des histoires et des conversations des autres. En bref, les enfants qui ont des troubles du langage présentent souvent des caractéristiques linguistiques semblables à ceux d’enfants plus jeunes qui ont un développement typique.

En fait, le principal critère utilisé pour déterminer si un enfant souffre de ce genre de trouble est un rendement linguistique inférieur au rendement habituel pour l’âge de l’enfant dans les tests normalisés ou dans les mesures spontanées de l’habileté linguistique. Plusieurs problèmes se présentent lorsqu’on utilise une telle définition, qui repose sur la distribution normale des pointages, pour évaluer la prévalence (Law et al., 2000). Premièrement, la prévalence est largement prédéterminée par la valeur limite spécifique choisie pour définir le trouble. Par exemple, dans une mesure linguistique bien établie, la valeur limite de deux écarts-types sous le rendement moyen produiront obligatoirement un taux de prévalence d’environ 2 %, comme pour une distribution normale des pointages. L’établissement de valeurs limites plus élevées produira donc des taux de prévalence plus élevés (Johnson et al., 1999; Rescorla, Hadicke-Wiley, & Escarce, 1993; Weindrich, Jennen-Steinmetz, Laucht, Esser, & Schmidt, 2000). Deuxièmement, ce type de définition normative fait en sorte qu’il est difficile de déterminer si la prévalence change avec l’âge puisque la même valeur limite devrait produire le même taux de prévalence, peu importe l’âge (Law et al., 2000). Cette définition remet également en question la nature appropriée du terme « trouble ». Les enfants qui ont des difficultés linguistiques peuvent simplement se situer au bas de la distribution normale des compétences linguistiques (Leonard, 1987) et avoir des niveaux de compétence différents et non des compétences différentes des enfants qui ont un développement linguistique typique (Dollaghan, 2004).

Un autre enjeu définitionnel controversé se pose : les enfants qui ont des troubles du langage doivent-ils démontrer une intelligence non verbale de niveau normal. La nature appropriée de ce critère a été remise en question tant sur le plan conceptuel que sur le plan psychométrique (Francis, Fletcher, Shaywitz, Shaywitz, & Bourke, 1996; Lahey, 1990). Ce critère influence les données sur la prévalence, et on constate des taux de troubles du langage relativement plus élevés lorsqu’une intelligence non verbale normale n’est pas requise (Johnson et al., 1999; Law et al., 2000; Tomblin, Records, Buckwalter, Zhang, Smith, & O'Brien, 1997). Un autre élément augmente la complexité des enjeux sur la prévalence : les questions associées à la comorbidité ou au chevauchement des troubles du langage, d’autres troubles de communication et d’autres troubles de développement (Bishop & Snowling, 2004; Conti-Ramsden, Simkin, & Botting, 2006; Kaplan, Dewey, Crawford, & Wilson, 2001; Lubker & Tomblin, 1998; Rice, Warren, & Betz, 2005). Malheureusement, peu d’études se sont penchées sur ces questions de comorbidité importantes dans des échantillons de la population, et non dans des échantillons cliniques.

Law et al. (2000) ont effectué une analyse systématique de la recherche (jusqu’en 1997) sur la prévalence et l’histoire naturelle des troubles de la parole et du langage chez les enfants. Il n’est pas surprenant de constater que les données sur la prévalence pour les troubles du langage varient grandement selon l’âge des enfants échantillonnés et le critère utilisé pour identifier les cas.

Dans une étude communautaire récente, Horwitz, Irwin, Briggs-Gowan, Heenen, Mendoza, et Carteet (2003) ont évalué la prévalence des troubles du langage expressif chez les jeunes enfants âgés de 18 à 39 mois. Les taux de prévalence étaient de 13,5 % pour les enfants âgés de 18 à 23 mois, de 15 % pour les enfants âgés de 24 à 29 mois et de 18 % pour les enfants âgés de 30 à 39 mois. Le pourcentage applicable aux enfants de 24 mois se situe dans l’échelle des valeurs signalées pour cet âge par Rescorla et coll. (1993), qui a utilisé différents critères. Le pourcentage applicable aux enfants de 36 mois est plus élevé que celui résultant d’études qui ont été réalisées auparavant et qui utilisaient des critères plus strictes à cet âge (Law et al., 2000).

Deux études communautaires ont fourni des données sur la prévalence des troubles du langage chez les enfants de 5 ans. Beitchman, Nair, Clegg et Patel (1986) ont établi un taux de prévalence de 12,6 % pour les troubles du langage, en utilisant une définition qui n’excluait pas les autres troubles du développement ou qui n’exigeait pas une intelligence non verbale se situant dans la normale. Tomblin et al. (1997) ont signalé un taux de prévalence de 7,4 % pour des troubles du langage spécifiques (c’est-à-dire en excluant d’autres troubles et en exigeant une intelligence non verbale dans la moyenne). Pour les enfants de 6 et 7 ans, Law et al. (2000) ont estimé que la prévalence médiane se situait à 5,5 % et à 3,1 % respectivement. Toutefois, ils ont effectué la mise en garde suivante : on ne peut pas effectuer de comparaisons entre les études en raison des critères différents utilisés pour identifier les troubles du langage.

Les troubles du langage chez les enfants sont difficiles à identifier de façon fiable lorsque les enfants sont très jeunes (Dale, Price, Bishop, & Plomin, 2003). Toutefois, les troubles du langage identifiés dans les années précédant immédiatement les années scolaires démontrent des taux élevés de persistance (Beitchman, Wilson, Brownlie, Walters, & Lancee, 1996; Law et al., 2000; Tomblin, Zhang, Buckwalter, & O’Brien, 2003). De plus, les enfants qui présentent ces troubles du langage présentent un risque plus grand d’effets négatifs à long terme, y compris des difficultés de lecture et d’autres difficultés aux études (p. ex. Catts, Fey, Tomblin, & Zhang, 2002; Young et al., 2002), ainsi que des problèmes psychosociaux (p. ex. Tomblin, Zhang, Buckwalter, & Catts, 2000; Beitchman et al., 2001).

Troubles de production des phonèmes. Les jeunes enfants peuvent également avoir de la difficulté à apprendre à prononcer correctement divers phonèmes. Ces troubles de production des phonèmes n’ont habituellement pas de cause identifiable, notamment des causes sensorielles (p. ex. l’ouïe), structurelles (p. ex. une fente palatine) ou neurologiques (p. ex. la paralysie cérébrale). Les enfants qui ont des troubles de production des phonèmes affichent un taux ralenti d’acquisition de la parole, mais ils démontrent souvent une séquence relativement typique de développement des sons (Shriberg & Kwiatkowski, 1994). Leurs interlocuteurs peuvent avoir de la difficulté à comprendre leur discours.

L’identification des troubles de production des phonèmes comprend également des enjeux définitionnels complexes et controversés. Comme dans le cas des troubles du langage chez les enfants, différents critères et différentes mesures ont été utilisés pour évaluer la prévalence (Law et al., 2000). La documentation dans ce domaine comprend plusieurs options pour l’identification des sous-types de troubles de production des phonèmes (p. ex. Broomfield & Dodd, 2004b; Shriberg, Lewis, Tomblin, McSweeny, Karlsson, & Scheer, 2005), mais une de ces options est généralement reconnue.

Law et al. (2000) ont aussi résumé les études sur la prévalence des troubles de production des phonèmes effectuées jusqu’en 1997. Ils n’ont trouvé aucune étude portant sur les enfants de moins de 5 ans. Les données médianes sur la prévalence de ces troubles chez les enfants de 5, 6 et 7 ans indiquent un pourcentage se situant entre 2,3 % t 14,5 %, ce qui reflète probablement la diversité des méthodes utilisées pour identifier les cas.

Des travaux plus récents effectués par Campbell et al. (2003) indiquent un taux de prévalence des troubles de production des phonèmes de 15,6 % chez les enfants de 3 ans dans un vaste échantillon communautaire diversifié. Shriberg, Tomblin, et McSweeny (1999) ont obtenu un taux de 3,8 % pour les enfants âgés de 6 ans. McKinnon, McLeod, et Reilly (2007) ont utilisé une procédure d’identification conservatrice qui a produit un taux de prévalence globale des troubles de production des phonèmes de 1,06 % chez 10 425 enfants d’âge scolaire de l’Australie, de la maternelle à la 6e année. La baisse des taux de prévalence chez les enfants plus âgés est conforme aux données qui démontrent que les troubles de production des phonèmes peuvent se corriger avec le temps (Shriberg, Kwiatkowski, & Gruber, 1994).

En plus d’évaluer la prévalence des troubles de production des phonèmes, Shriberg et al. (1999) ont aussi déterminé dans quelle mesure les troubles de production des phonèmes étaient combinés à des troubles du langage dans leur échantillon de la population. Seulement 0,5 % des enfants âgés de 6 ans présentaient à la fois des troubles de production des phonèmes et des difficultés du langage spécifiques. Ce taux de comorbidité est beaucoup plus bas que celui habituellement signalé pour les échantillons cliniques (Broomfield & Dodd, 2004a; Shriberg & Austin, 1998). Dans un autre échantillon de la population, Beitchman et al. (1986) ont estimé que 4,6 % des enfants âgés de 5 ans présentent à la fois des troubles de la parole et des troubles du langage en utilisant des définitions plus inclusives que celles de Shriberg et al. (1999).

En ce qui concerne les troubles de production des phonèmes, la persistance à long terme et les séquelles négatives ne sont pas aussi fréquentes qu’en ce qui concerne les troubles du langage (Johnson et al., 1999). Toutefois, certaines difficultés légères et résiduelles de la parole peuvent avoir des effets subtils et négatifs sur la compétence linguistique globale d’une personne qui est perçue par les autres personnes (p. ex. Hall, 1991; Silverman, 1992). Certains enfants qui présentent des troubles de production des phonèmes peuvent aussi être plus à risque de présenter des difficultés de lecture et d’autres difficultés aux études (p. ex. Raitano, Pennington, Tunick, Boada, & Shriberg, 2004).

Bégaiement.Le bégaiement est un trouble de communication qui affecte le rythme et la continuité de la parole. Ce trouble est caractérisé par la répétition de syllabes, d’une partie ou de la totalité des mots ou des phrases, par la prolongation des sons ou par le blocage des sons (Craig, Hancock, Tran, Craig, & Peters, 2002, p. 1100). D’autres caractéristiques peuvent également être présentes, par exemple des expressions faciales, des comportements moteurs, des tics, de l’embarras, de l’anxiété et l’évitement de la parole en société.

Comme dans le cas des autres troubles de la parole et du langage chez les enfants, certains défis se posent pour l’identification exacte du bégaiement. Par exemple, il est difficile, en particulier chez les jeunes enfants, de distinguer les répétitions et les hésitations qui surviennent régulièrement dans le discours typique de celles qui constituent du bégaiement. Chez les enfants plus âgés et chez les adultes, il est difficile de savoir si on doit identifier le bégaiement seulement d’après les caractéristiques de fluidité verbale ou également d’après la présence de caractéristiques comportementales et émotionnelles secondaires. Si ces dernières sont incluses, elles sont souvent difficiles à quantifier de manière fiable et elles peuvent grandement varier d’une personne à une autre (Bloodstein, 1995).

Craig et al. (2002) ont évalué la prévalence du bégaiement à toutes les étapes de la vie à l’aide d’un vaste échantillon de population de 4 689 ménages australiens, lesquels comprenaient 12 131 personnes de tous âges. Après avoir entendu une description du bégaiement, les personnes interrogées ont indiqué si une personne du ménage démontraient les caractéristiques du bégaiement. Les personnes identifiées fournissaient ensuite un échantillon enregistré de leur discours, que les chercheurs ont utilisé pour vérifier la présence du bégaiement.

La prévalence globale du bégaiement dans la totalité de l’échantillon était de moins de 1 % (0,72 %), un résultat relativement conforme à celui indiqué de la documentation déjà produite (Bloodstein, 1995). Toutefois, la prévalence variait avec l’âge, passant de d’environ 1,4 % chez les enfants de 2 à 10 ans à environ 0,37 % chez les adultes de 51 ans et plus. Selon McKinnon et al. (2007), le taux de prévalence du bégaiement est relativement plus bas, soit de 0,33 %, chez les enfants de la maternelle à la 6e année.

Des taux élevés de comorbidité du bégaiement, des troubles de production des phonèmes et des troubles du langage ont été signalés dans certaines populations cliniques (p. ex. Arndt & Healey, 2001; Blood, Ridenour, Qualls, & Hammer, 2003). Toutefois, ces résultats doivent être interprétés avec prudence puisque aucune étude communautaire sur la comorbidité n’a encore été réalisée (Nippold, 2004).

Le bégaiement se développe souvent pendant les années préscolaires et peut se corriger de manière spontanée, mais il peut également persister la vie durant. Les personnes qui bégaient peuvent être assujetties à des stéréotypes négatifs et avoir des activités sociales et professionnelles restreintes (Kroll & Beitchman, 2005).

Orientations futures

Cette analyse a mis l’accent su deux principales orientations en ce qui concerne la recherche future associée à la prévalence des troubles de la parole et du langage chez les enfants. Premièrement, nous devons réaliser d’autres travaux théoriques et empiriques pour mettre au point et valider les normes et les mesures utilisées pour identifier les enfants qui présentent ces troubles (Wake & Reilly, 2001). Il est essentiel d’établir des normes précises et des définitions acceptées de tous pour évaluer avec exactitude la prévalence des troubles de a parole et du langage. Deuxièmement, nous devons réaliser d’autres études minutieuses pour identifier les meilleurs indicateurs en bas âge des résultats individuels à long terme (Nelson et al., 2006). Ces efforts pourraient ensuite nous permettre d’élaborer de meilleures stratégies pour la prévention et la gestion de ces troubles.

Conclusions

Une grande proportion des enfants présentent des troubles de la parole et du langage, ce qui peut entraîner des effets négatifs à long terme qui peuvent influer sur les personnes, les familles et les collectivités. Notre société doit réussir à encourager la réalisation des recherches scientifiques requises pour que ces enfants aient un meilleur avenir dans un monde où la réussite scolaire, sociale et économique dépend largement des aptitudes de communication (Ruben, 2000).
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